vendredi 10 octobre 2014

Semaines du 28 septembre au 11 octobre : « Calme complet » sur les premières lignes et « mélancolies d’automne » (Marquiset)



- Ces deux semaines ne sont pas marquées par des événements ou des faits spectaculaires : les combats essentiels se déroulent en d’autres lieux du front, près de la mer.
- Autour du Chemin des Dames, les deux armées ont pris des positions défensives, même si l’on saisit toute occasion de gagner un peu de terrain ou une meilleur situation stratégique. On prélève même des unités pour renforcer les troupes qui participent à la « Course à la mer ».
- Cependant, à la Ve Armée, le général Franchet d’Esperey ne renonce pas à l’idée d’une percée en direction de Corbeny, ne serait-ce que pour empêcher les Allemands de retirer leurs divisions du Laonnois. Les premiers jours d’octobre sont donc occupés à préparer cet assaut, en essayant de tenir compte des échecs de septembre.
- Plus à l’ouest, la grande affaire du début du mois est constituée par la relève des troupes britanniques, fatiguées et qui obtiennent le droit d’aller combattre plus près de leur pays d’origine. Le remplacement se passe en plusieurs phases, sur deux semaines environ : le 7 octobre entre Crouy et la Vesle ; les 13 et 14 entre la Vesle et le canal de l’Aisne à l’Oise (dans les deux cas par la VIe Armée) ; enfin le 16 jusqu’à Paissy (Ve Armée).

- En zone occupée, on s’organise comme on peut, compte tenu de l’absence d’une partie de la population et de l’arrivée de ceux qui ont été chassés des zones de combat par les autorités allemandes.
- Le samedi 2, l’empereur Guillaume II est en visite sur le front et passe par Laon, où la sécurité a été considérablement renforcée.
- Malgré les rumeurs omniprésentes, malgré le déferlement d’informations contradictoires entraîné par le secret et la censure, l’espoir quitte beaucoup de civils du nord du département : « J’arrête ici pour le moment ces notes journalières, dont l’affligeante monotonie, sans rien apprendre à personne, puisque nous sommes murés comme dans une prison, ne peut produire dans l’âme que le découragement et la désespérance. Si donc tout secours de la part des hommes paraît illusoire, il nous reste à levers les yeux vers Celui qui seul peut nous protéger et nous sauver. » (Alexis Desaint, le 30 septembre)

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