Passage à un rythme quotidien

A compter du 16 mars, j'essaierai de publier un billet par jour pour tenir compte de l'intensité des événements au Chemin des Dames, entre retrait allemand et offensive Nivelle ...

lundi 30 novembre 2015

Semaine du 29 novembre au 5 décembre - Retour du "calme" et très fortes pluies



- Après la forte agitation des jours passés, le front retrouve d’un point de vue militaire la situation des semaines précédentes : des duels d’artillerie, quelques mines, mais pas de confrontation directe entre les troupes d’infanterie.
- Pour les deux armées, la préoccupation principale est climatique : il pleut, très fortement, sans discontinuer, toute la semaine. A partir du 4, le niveau de l’Aisne devient très préoccupant ; « de sérieux dégâts sont déjà signalés à nos organisations défensives à proximité de la rivière » (JMO Ve Armée). Ajouté aux effets de l’alternance gel/dégel, ceci a pour conséquence l’interruption des travaux d’aménagements défensifs, qui ont beaucoup occupé les hommes des deux camps depuis plusieurs mois.

dimanche 29 novembre 2015

Semaine du 22 au 28 novembre 1915 - Activité militaire plus intense



- En plus des explosions de mines habituelles, notamment autour de Troyon et encore plus à la Cote 108,et des échanges d’artillerie (plus importants cependant que les semaines précédentes), les affrontements directs sont plus nombreux cette semaine.
- Plusieurs accrochages de patrouille ont lieu, avec une fréquence assez grande.
- Le mardi 26, un avion allemand tombe dans l’Aisne près de Berry-au-Bac ; les aviateurs parviennent à se sauver à la nage avant que l’artillerie française détruise l’appareil. Ceci déchaîne « la colère de l’ennemi » (JMO Ve Armée) : dans la soirée, les canons allemands répliquent sur tout le secteur du Choléra et jusqu’aux cantonnements de Roucy.
- Le 28, vers 10 heures, commence « un violent feu d’artillerie allemande » sur le bois franco-allemand (NE de Pontavert) qu’occupe le 8e RI ; il provoque de gros dégâts dans les défenses françaises. Après une pause de 11 à 14 heures, il reprend de plus belle et est immédiatement suivi par une attaque d’infanterie dans la brèche créée le matin. La première tranchée françaises, dégarnie (à part quelques guetteurs), est prise facilement. Puis le capitaine Guérin qui commande le sous-secteur organise la contre-attaque sans attendre de renforts (mais avec l’appui du 86e RIT) ; le terrain perdu est repris. Les Allemands perdent 8 morts et « quelques blessés », les Français 3 tués, 16 blessés et 3 disparus. Le reste de la journée est calme.

lundi 16 novembre 2015

Semaine du 15 au 21 novembre 1915 - Hiver précoce



- Le temps devient froid et hivernal : un peu de neige tombe, les gelées sont quasi quotidiennes, et une brume plus ou moins épaisse continue d’être fréquente, moins gênante cependant pour la visibilité.
- Les 15 et 16, les actions d’artillerie sont nombreuses et la guerre des mines se poursuit avec une certaine intensité, toujours à la Cote 108 et autour de Troyon. Après deux journées un peu plus calmes, le secteur de Sapigneul retrouve une activité d’artillerie intense jusqu’à la fin de la semaine.
- Les Allemands poursuivent l’organisation défensive de leurs positions ; chaque nuit par exemple, ils coupent des arbres le long de la Nationale 44 pour la rendre moins visible aux artilleurs français.

lundi 9 novembre 2015

Semaine du 8 au 14 novembre 1915 - Guerre des mines



- La semaine est un peu plus agitée d’un point de vue militaire. Les Allemands font sauter plusieurs mines, essentiellement sur la cote 108 mais aussi à Troyon. En parallèle, les tirs de torpilles de tranchées et quelques combats à la grenade ont lieu dans les mêmes secteurs, et dans le bois de Beaumarais.
- « Pendant la période que nous traversons, la partie du front la plus délicate est certainement celle de la cote 108, Sapigneul. Nos avances réalisées en septembre dans cette région semblent avoir contrarié l’ennemi. »
- En fin de semaine, le mauvais temps rend plus difficile le travail de l’artillerie. Ce sont les patrouilles des deux camps qui prennent le relais.

mardi 3 novembre 2015

Semaine du 1er au 7 novembre 1915 - Deuxième Toussaint de guerre



- Semaine automnale, très brumeuse et parfois pluvieuse.
- C’est le début du 15e mois d’occupation pour tout le nord de l’Aisne. A Chaillevois, les 1er et 2 novembre, « Fête de la Toussaint et fête des Morts – Célébrées plus solennellement cette année mais en présence des Allemands qui y assistent en grand nombre et bonne tenue » (Alexis Desaint). Au sein des armées aussi on célèbre ces fêtes, les soldats décorant notamment les tombes de leurs camarades tombés dans les divers cimetières. Prosper-Alexis Godin, curé de Merfy, décrit ces journées : « La fête de la Toussaint arrive, célébrée par de nombreuses communions le matin. A la grand’messe de 10h30, à cause de la nomination de l’abbé Leguyader comme aumônier du 78e, sont là en tête dans le sanctuaire : le général Guérin, le colonel, le commandant, les capitaines, les lieutenants, etc…, l’église est plus que remplie. Au Salut du soir, même assistance. Quelle consolation au milieu des épreuves, de voir tous ces hommes venir prier pour leurs morts. Le lendemain aux trois messes, nombreuse assistance, procession au cimetière. »

- L’activité militaire des deux camps est très limitée, avec de nombreuses réorganisations parmi les troupes. Cependant, les échauffourées se poursuivent entre les tranchées de première ligne sur le plateau du Chemin des Dames, au niveau de Paissy ou Cerny.
- L’artillerie allemande est un peu plus active le 6  entre Soissons et Vailly-sur-Aisne.
- Le 5 novembre, « 2 prisonniers russes, faisant partie d’un détachement de 1 500 hommes employés, par les Allemands, à des travaux de construction de voie ferrée en arrière de leur front, réussissent à traverser les lignes ennemies et se présentent devant nos tranchées du sous-secteur de la Miette. Ne sachant pas à qui ils ont affaire, nos guetteurs tirent : l’un des Russes est blessé légèrement à la main. On s’aperçoit alors de l’erreur commise, et les deux hommes sont recueillis par les soldats du 12e [RI]. » (JMO 123e DI)